dimanche 23 novembre 2014

végétarien

MATTHIEURICARDcouvbandeau RVB



Matthieu Ricard - Plaidoyer pour les animaux

FC

Éthologie

Tous les animaux sont hétérotrophes c'est à dire qu'ils se nourrissent d'autres vivants - végétaux ou animaux. 

La solution à l'excès d'hétérotrophie ce n'est pas le végétarisme mais l'extinction certaine des vivants  qui s'y livrent par épuisement - dans tous les sens de ce terme - de ces ressources. 

L'épuisement est le résultat d'un cycle simple: plus il y a de ressources de vie en un lieu géographique, plus les vivants qui en bénéficient deviennent nombreux. Quand ces ressources diminuent, les vivants diminuent leur consommation et certains d'entre eux quittent les lieux où s'installe la pénurie. 

Les historiens se demandent pourquoi par exemple les Incas ont déserté le Machu Pichu résidence royale il y a 600 ans ou, autre exemple, pourquoi les Khmers ont abandonné Angkor Vat construit il y a 900 ans. Il n'y a ni mystère ni changement de climat ou guerres d'extermination soudaines. Le groupe à l'origine de l'un ou de l'autre de ces ensembles a tout simplement cessé de bénéficier de la somme des ressources de vie qui lui a permit de les construire. 

Il ne s'agit pas de malthusianisme, une théorie qui prône implicitement l'élimination des pauvres. Si cette idée est étrangère à la situation actuelle c'est parce que depuis 200 ans, la démographie des humains a fortement évolué grâce au mode de production industriel où la domestication du non-vivant n'a pas encore dit son dernier mot. 

Si les humains gagnent tous les quinze ans un milliard de nouveaux vivants c'est parce que ce mode de production d'une très grande efficacité trouve en permanence une alternative à la disparition des certaines ressources de vie. 

Les malthusiens ont raison en ce qui concerne le mode de production humain ( les chasseurs cueilleurs) et le mode de production domestique ( la révolution néolithique) mais vivant au début de l'emballement démographique lié au mode de production industriel ils ont pris la Grande Famine d'Irlande comme l'archétype de l'avenir des humains. Ce n'est pas le cas: les Irlandais survivants ont quitté l'Irlande et pris la place des Amérindiens en Amérique du Nord. Aujourd'hui, ils font partie d'une groupe de 350 millions d'humains. A l’époque de  la grande famine, ils ne devaient pas dépasser les 2 ou 3 millions. 

L'enjeu actuel n'est pas le manque de ressources de vie - il y en a encore pour quelques milliards d'humains nouveaux - mais l'éreintement des autres vivants et du non vivant gratuit en d'autres mots la pollution sous toutes ses formes causée par la mise à disposition d'une si grande quantité de ressources de vie pour les humains.

Après la disparition d'un grand nombre de vivants non humains, c'est le tour des humains avec leur effectif de 9 milliards en 2050 à être concerné par un risque d'extinction massive. 

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